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La Vouivre ou Guivre

Je vais apporter du beurre à ma mère grand après !

Je vais apporter du beurre à ma mère grand après !

Bonjour, bonjour ! Je me nomme Annette et la Narratrice m’a faite gardienne de la boîte folklorique ! Ici, je vais vous parler des créatures magiques, des légendes, et de plein de merveilles connues, inconnues ou méconnues ! La dame m’a dit que, parfois, je travaillerai en binôme avec Merlin quand il parle d’Arthur et des chevaliers… Je sais pas vous, mais moi j’ai les guibolles qui font les haricots rien que d’y penser.

Bref ! Pour ce premier article, je vais vous présenter madame la Vouivre. Vous la connaissez sûrement ! Mélusine est sa cousine ! (Mélusine, hein, pas Bécassine, attention !)

Allez, on va commencer par ce que la Narratrice appelle de l’éthymlolo…éthylo… éthymolo… j’y suis presque ! Ah ! Je sais ! « Et toi mon logis ! »

Non, c’est pas ça ? Bah, l’origine des mots, quoi !

La Vouivre, ou « Wuivre », « Wivre », « Wouavre », « Wyvern » (sur Albion) vient de l’Ancien Français « Guivre » ou « Givre » qui signifiait « Serpent« .vi

Comme vous devez vous en douter, c’est une femme-serpent. Sous sa forme humaine, elle a le tronc d’une femme, et le bas du corps est celui d’un serpent. (C’est pour ça que c’est la cousine de Béc… de Mélusine.) Sous cette forme, elle est loin d’être laide avec ses cheveux noirs aux reflets roux et ses grands yeux vert eau d’après Marcel Aymé.
Mais sous sa vraie forme, la Vouivre est un DRAGON ! Un serpent ailé. Un dragon couvert de feu, mais quasi aveugle. (Oui, je sais, c’est ballot de faire autant de lumière pour rien.) Non pas parce qu’elle vole de nuit, mais parce que sans le rubis appelé « Escarboucle » qu’elle porte au front, elle n’y voit riiiiiiien !

Pauvre Vouivre, à chaque fois qu’elle se baigne dans les lacs où elle vit, elle dépose cette lunette magique sur la rive et y’a toujours un homme cupide pour tenter de la lui voler ! Vous apprécieriez, vous, si un gars arrive pendant votre douche et vous taxe votre canne pour se faire des sous quand vous avez une jambe cassée ? Non, hein ? Ben, la Vouivre non plus et c’est ce qu’il lui a fait sa mauvaise réputation de mangeuse (littéralement) d’hommes dans le Jura et la Franche-Comté où elle habite.

Enfin, faut avouer que l’escarboucle, c’est plus qu’un oeil en prothèse… Grâce à lui, il paraît que l’on peut discuter avec les oiseaux, donc – d’après les explications un poil confuses de la Narratrice – avoir accès au savoir sacré, à la connaissance, mais aussi repérer les trésors cachés sous terre et donc en quelque sorte faire preuve de clairvoyance !

Oui, parce que dragon de son état, la Vouivre est du coup la gardienne avec son escarboucle d’un trésor à la fois tangible (« De l’or de l’or de l’or ! » comme diraient les Nains), mais aussi abstrait comme la sagesse et le savoir. (Ce que signifie la racine grecque de « Gnome ».) Et peut aussi guérir les maladies des yeux.

Dragon, la Vouivre a donc ce rapport particulier avec l’élément « terre ». Mais aussi avec l’eau dans laquelle elle se baigne. Fait intéressant : cela la rapproche des dragons asiatiques car, comme eux, la Vouivre est en rapport étroit avec le printemps et on la dit capable de fertiliser les sols et aussi les rivières. Elle peut, peut-être, se rapprocher également dans ce sens avec la déesse chinoise de la création et du mariage, Nüwa, qui est un serpent à tête de femme.

Avec ce rapport au printemps et au renouveau de la terre, c’est sans doute pour cela que l’on dit son trésor accessible une fois l’an, le jour de Pâques. Celui qui, ce jour-là, lancerait une miche de pain sur le trésor de la Vouivre aurait le droit d’emporter la partie du magot touché par la mie de pain. (Enfin, s’il arrive à s’enfuir avec.)

Mais elle n’est pas que terriblement effrayante, la Vouivre. On la dit aussi assez gentille pour guider les voyageurs avec son escarboucle. C’est plutôt sympa, non ? C’est mieux que de se faire mordre les mollets par les vipères et autres serpents venimeux qu’elle commande, non ?

Pour l’anecdote, en Bourgogne et Saône-et-Loire, à Couches-les-mines plus exactement a lieu tous les ans la « fête de la vouivre ». Là-bas, la Vouivre a un corps de serpent, mais une tête de loup-garou, et aurait ravagé le village en 1328. Les villageois s’en débarrassèrent avec l’aide d’un pote du joueur de flûte d’Hamelin : il charma le dragon tant et si bien que la Vouivre alla se faire cuire au four – hélas, avec le flûtiste.

Mais bon, en Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes où elle prend son nom d’Ancien Français, « Guivre », elle devient une collègue des Taties et autres Mères Noël et intègre les rangs des fées du foyer. Et du feu. Logique.

Philippe_Marie_Visconti

C’est rigolo : alors qu’elle avale un homme, comme il est en rouge, on dirait aussi qu’elle crache du feu !

21504269 Enfin, sous son nom de « Guivre » elle orne les blasons de cet art compliqué qu’est l’héraldique. Elle est une figure, ou un « meuble » répandu. Sous ce nom de « Guivre », elle avale un humain et peut être couronnée.

La Wyverne bien connue des joueurs de Donjons&Dragons est la version anglo-saxonne de la Guivre. Dans ce cas, la wyverne est un dragon ailé à deux pattes et à la queue empoisonnée de scorpion.

Voilà ! J’en ai terminé avec la Vouivre ! Maintenant, je suis en retard pour aller voir mémé ! Souhaitez-moi bonne route et je vous dis à la prochaine fois au pays des merveilles !

Ah, une dernière chose. Pour cet article, j’ai été lire les ouvrages de Pierre Dubois, de Katherine Quénot, Le dictionnaire féerique d’Arnaud F Ruaud (Éditions Oxymore) et Le bestiaire fantastique de Richard Ely & Co. aux éditions Terre de brumes.
Et : http://lalanguedublason.blogspot.fr/2012/06/le-dragon-heraldique.html

Publié le: 26 mars 2016 | Commentaires: 0

Les Fées de Brocéliande

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d'un long sommeil.

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d’un long sommeil.

Bien le bonjour, voyageur… S’il est encore utile de me présenter, je me nomme Merlin

La petite Narratrice en échange d’un pot de miel m’a demandé de veiller sur ce tiroir imaginaire… Il est dédié aux univers qu’elle a créés… Plus particulièrement celui de Brocéliande et de sa louve gardienne. Comment aurais-je pu refuser ? C’était moi, où laisser Mordred y jouer un mauvais tour à ma place…

Enfin, nous allons commencer par le commencement, voulez-vous ?

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter Brocéliande, la forêt mythique sur laquelle je veille et… dirait-on, où je végète… Brocéliande en Bretagne continentale, cette belle Armorique, est le Berceau des Belles Dames, les fées et où les chevaliers d’Arthur ont été mis à l’épreuve.

Mais je ne vais pas m’égarer au sujet des garçons… Je vais vous entretenir de leurs initiatrices, les Demoiselles, en cette saison pluvieuse… Sachez que malgré leurs différends, il est en réalité délicat de, justement, les différencier. Avec elles, gardez à l’esprit qu’il vous faut vous méfier des apparences… Il y a du bon et du mauvais en toutes choses.

Celles de la cour des rêves et de la lumière, la « Cour Seelie », comme elle se fait appeler, a élu domicile en Brocéliande. Leur clan semble accueillant, mais il ne faut pas les croire inoffensives. Les Seelies sont comme ce dicton : « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ».
A l’inverse, les fées des cauchemars et des ténèbres, les « Unseelies », préfèrent les grandes villes, car c’est là-bas qu’elles prolifèrent le mieux. Par nature, elles ont une dent contre l’Homme pour les avoir oubliées, voire avilies. Qui peut reprocher l’amertume d’une reine transformée en Clochette ? Ou… Si je dois vous présenter cela de façon plus… moderne… Ah ! A moins que ce ne soit classique… Qui peut reprocher le désir de vengeance d’une femme traitée en putain ?

C’est ainsi qu’aveuglées par la rancune, les Unseelies conspirent afin de conquérir Brocéliande et réduire à néant leurs rivales qui protègent l’Humanité honnie. Ah… Je me souviens encore du jour où les deux Cours se sont brouillées au point d’oublier leur devoir de créer l’Harmonie… Mais je vous parle d’un temps que les moins d’un millénaire au moins ne peuvent pas connaître…

Moi ? Oh… Oui, j’ai rejoint les rangs des Seelies avant de me laisser piéger dans un sommeil enchanté, épuisé et découragé…

Mes maigres espoirs reposent sur la dernière descendante du chevalier-loup Bisclavret… Peut-être réussira-t-elle en cette époque « asphalte », selon le bon mot d’un jeune disciple, là où son aïeule à échoué… Pourvu qu’elle ne me réveille pas… Ma présence ici est secrète, voyez-vous.

Ah… Je vous en ai suffisamment révélé pour aujourd’hui… A bientôt, petits curieux… Mon Tombeau m’attend… J’ai tellement sommeil…

Publié le: 5 mars 2016 | Commentaires: 0

Tordons le cou à quelques idées reçues à propos du MA 1 – Le droit de cuissage

Sire Adémar pour vous servir !

Sire Adémar pour vous servir !

Bien le bonjour, gentes dames et gentils seigneurs. Je me nomme Adémar et suis l’humble sire chevalier qui garde cette boîte médiévale à la demande de dame Narratrice. Je vous souhaite donc la bienvenue à ce premier cours magistral de votre serviteur sur cette période riche et contrastée, mais à la très mauvaise réputation, qu’est le Moyen-Âge !

Tout d’abord, je tiens à partager avec vous cette boîte à images animées issue de la chaîne Nota Bene en guise de préambule.

Voici. Quoi qu’il en soit, nous allons nous arrêter sur la tranche qui nous intéresse. Car mille ans d’Histoire pour cette période, vous pensez bien que je ne sais pas tout, et encore moins ma dame pour qui je dois rassembler les notes. Je vais donc me concentrer sur une partie, la période du Moyen Âge dite « Classique » qui s’étend de la fin du XIe à celle du XIIIe siècle afin de venir en aide à mon amie.
Cette période commence donc, pour vous donner une idée, avec Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, qui s’assoit sur le trône d’Angleterre en 1066. Elle se termine avec la mort de Saint Louis lors de la 8e Croisade en 1270. Selon, évidemment, les dates retenues arbitrairement.

Pourquoi « arbitrairement » ? Parce que contrairement à ce que l’on imagine avec la frise de l’école, il n’y a pas de contraste tranché entre les périodes. Surtout lorsque l’on décide a posteriori du découpage et des susdites. En réalité, l’Histoire est un dégradé infini.

Bien, désormais, intéressons-nous au titre de ce premier pamphlet : une idée reçue passée dans la culture populaire et qui concerne le Moyen-Âge. Il s’agit du fameux, de l’inénarrable et du toujours coriace…

LE DROIT DE CUISSAGE.

 

Il s’agit du préféré de ma dame Narratrice – dans le sens où c’est celui qu’elle déteste le plus – et avec lequel elle m’a demandé d’inaugurer ce tiroir.

Le droit de cuissage, qu’est-ce que c’est ?

C’est dans le film Braveheart, un film connu pour être à prendre historiquement avec des pincettes géantes. Si, dans le film, William Wallace joué par Mel Gibson devient un rebelle écossais recherché par l’occupant anglais, c’est pour avoir occis un noble seigneur – anglais – parce que celui-ci avait désiré jouir de son droit de cuissage sur la personne de la nouvelle épousée de l’Écossais. (C’est aussi dans le jeu vidéo Dragon Age : Origins, mais puisqu’il s’agit d’un univers fictif dans un Moyen Âge fantasy, il a droit à quelques… fantaisies.)

Le droit de cuissage n’est ni plus ni moins que le viol d’une jeune mariée par le seigneur de son mari.

Et c’est surtout une invention pure et simple des Lumières pour illustrer leur argumentaire sur la barbarie de la société féodale.

Et la piété filiale, vous en faites quoi ?

Mais ça n’a jamais existé, en tout cas pas dans le royaume français féodal. (Pas le viol de jeunes mariées, hein, mais ce droit imaginaire, imaginé et censé le légitimer.)

En réalité, les Lumières ont inventé ce « Droit de cuissage » à partir de plusieurs autres droits ou devoirs féodaux qui n’ont rien à voir, ou n’ont rien d’abusif. Le seigneur a besoin de main-d’œuvre pour cultiver ses terres. Ce serait anti-productif de les inciter à aller voir ailleurs. S’il y a eu des cas particuliers, ce n’était pas la majorité qui préférait prospérer. Ou alors elle capture les serfs et les terres du voisin, c’est plus sensé.

Le droit qui a pu être ainsi mal interprété est le droit dit de « Formariage » qui concerne les serfs. Les serfs sont des paysans qui appartiennent à la terre et, par extension, au seigneur de celle-ci. Ce droit prévoit que lorsqu’un serf veut se marier en dehors de la seigneurie dont il dépend, il doit payer une taxe à son seigneur en compensation.
C’est tout. Une histoire de sous et de main-d’œuvre.
Ce qui a aussi pu inspirer le droit de cuissage aux Têtes d’Ampoules est une tradition qui voit le sacré glisser dans le profane où, toujours concernant un serf, le seigneur peut, à l’image d’un prêtre, officier le mariage. Lorsque les nouveaux mariés vont pour s’unir, le seigneur, pour parrainer leur mariage et le soutenir, touche ou passe une jambe sur le lit conjugal afin de le bénir.

Il n’a jamais été question de faire quoi que ce soit avec la nouvelle épousée du serf ! Le viol était d’ailleurs considéré pénalement comme un crime gravement puni ! Prenez l’exemple du Lai de Lanval, de Marie de France, poétesse anglo-normande du XIIe siècle. Où le chevalier Lanval est – faussement – accusé de viol par la reine Guenièvre. Le sire aurait été mis à mort si la dame fée de ses pensées ne serait pas apparue pour le sauver. Mais, je reviendrai une prochaine fois sur le système juridique féodal, plus complexe, procédurier, codifié et moins hasardeux que l’on veuille bien le croire, surtout en Normandie. (Et non, l’on n’accuse pas quelqu’un sans un minimum de preuves. Tout bonnement parce que le mensonge est très, très, très mal vu.)

Pour en revenir à la coutume de la bénédiction du lit par le seigneur, ça peut paraître étrange comme cela, mais dans un prochain feuillet, je reviendrai sur la conception du mariage durant le Moyen Âge classique. Le prêtre n’a eu que tardivement son rôle indispensable.

La religion ayant une très importante place dans la vie du peuple, ce geste du seigneur est ainsi un geste bénéfique et bienveillant. Le couple peut se dire qu’il aura la chance de concevoir sa descendance sans démons ni esprits malins pour semer la pagaille entre leurs draps. Vous pourrez demander à Merlin ce qu’il en pense.

Voilà qui est dit. Désormais, lorsque lors d’une lecture ou d’un spectacle, l’on vous sert du « Droit de cuissage » vous pourrez imiter ma dame Narratrice : lever les yeux au ciel et grommeler. Ou, encore mieux, informer les gens autour de vous que l’on les prend pour des truffes.

Le prochain billet tordra le cou à une autre idée reçue également très coriace que ma dame Narratrice a encore lue l’année dernière dans un livre éducatif pour enfants : en cuisine, les épices étaient là pour masquer le goût faisandé des viandes !

Oui, la prochaine fois, gentes dames et gentils seigneurs, nous parlerons boustifaille ! Là encore, le Moyen-Âge nous montrera qu’il était bien plus raffiné et gourmet que la vision donnée par le film des Visiteurs ! (De la part d’un film français, en plus…)

Et pour conclure, je ne peux que vous conseiller mille fois la lecture de ce site internet : Histoire & Images médiévales. Excellente revue qui a malheureusement cessé de paraître avant de connaître une seconde vie grâce à la magie d’Internet.

http://www.him-mag.com/

Et souvenez-vous : le droit de cuissage n’est bon qu’en salade !

Gentes dames et gentils seigneurs, moi, Adémar, je vous salue !

Publié le: 25 février 2016 | Commentaires: 0

Une nouvelle chronique de Vampires d’une nuit de printemps pour bien commencer l’année !

Tout d’abord : bonne année à tous ! \o/ J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes avec pas trop d’indigestions – pas comme moi quoi. – Et que vous avez eu plein de beaux cadeaux et de beaux souvenirs ! ^^

En tout cas, pour moi, 2016 commence bien avec cette nouvelle chronique fort sympathique sur le blog d’Elhyandra !

Un petit extrait ?

L’humour décalé y a que ça de vrai pour se détendre. Après un pavé (Oraisons) et un bouquin limite dépressif (Diabolus in musica) j’avais envie d’un truc léger, qui mette le sourire et se lise tout seul sans prise de tête, tous ces défis ont été remportés haut la main par ce bouquin.

Toupidou pidou ^^

Publié le: 3 janvier 2016 | Commentaires: 0

Chronique de Lynnae pour Vampires d’une nuit de printemps

Sortie peu après celle concernant Dame de Lune, fées des brumes. Voici une chronique de Vampires par Lynnae qui a adoré ! ^^

Un petit extrait de la chronique qui se trouve sur son blog : Falaise lynnaenne.

« Bourré de références cinématographiques, de traits d’humour et de rebondissements, l’auteur nous propose de suivre les pas de son héroïne, Lia Fail, dans une enquête qui lui promet de vivre maintes péripéties. Un récit moderne et original, teinté d’humour pour le moins mordant ! »

Ces quelques phrases suivent le dialogue résumé, que je trouvais sympathique, mais après cette conclusion, j’étais un peu inquiète qu’on tombe dans le too much (à la fois trop de référence et une auteur qui essaie trop). Mais je me suis complètement retrouvée dans ces éléments, dans l’humour de l’auteur, qui est un énorme point du texte.

Merci Lynnae ! ^w^

Publié le: 30 août 2015 | Commentaires: 0