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Autour de la Louve… Dream Chronicles (PC)

Bonjour !

Voici un autre jeu vidéo qui m’a beaucoup inspirée pour l’écriture de la Louve de Brocéliande et surtout pour sa couverture, je parle bien sûr du style Art Nouveau qu’emprunte (et qui empreinte, haha) le jeu.

Pour être honnête, je n’ai découvert la série qu’en 2010 ou 2009 sur Steam avec le 3e volet de la série : « The Chosen Child », mais je vous rassure, la trilogie a été édité en France grâce à Mindscape. On les trouve peut-être encore à Cultura ou sur Amazon en occasion.

Mais leur lanceur est un casse-pied formidable sur les Windows récents. On peut ignorer l’installation automatique qui se lance lorsque l’on introduit le DVD dans le lecteur en allant plutôt chercher sur le DVD le dream.exe/setup.exe pour l’installer correctement.

Ceci étant dit, il y a même une version Nintendo 3DS en import américain. Mais je ne pense pas que ce soit le meilleur pour profiter des environnements.

Bref, le jeu :

Titre : Dream Chronicles

Titre original : Dream Chronicles

Développeur : Katgames, Playfirst

Date de sortie en France : 25 juin 2008 chez Mindscape Collection « Casual Games »

Série :

-Dream Chronicles
-Dream Chronicles 2 – The Eternal Maze
-Dream Chronicles 3 – The Chosen Child

(Les suivants sont… pas terribles du tout et je crois sincèrement que The Chosen Child est le meilleur pour clôturer la série.)

Prix : À partir de 7,40€ sur Amazon

Genre : Objets cachés/Aventure

Rating : Pour tout public

Online : Non

Bande Annonce :

 

Résumé : Imaginez-vous, un matin, vous réveiller et trouver votre fille ainsi que la ville entière frappée par un sortilège de sommeil jeté par une fée jalouse. Et pas n’importe laquelle. Lilith, la Grande Fée des Rêves. Votre environnement est devenu surréaliste, comme venant d’un autre univers. Mais des indices, dispersés dans toute la ville, ont apparemment été laissés par votre mari disparu – enlevé. Rassemblez ces indices, découvrez la vérité, et résolvez les énigmes sur votre chemin pour découvrir ce qui est arrivé à votre famille et vos amis. Dans le cas contraire… le sortilège pourrait durer toujours…

Critique :

Pour commencer, sachez que Dream Chronicles et ses suites s’inscrivent dans ce qu’on appelle les « Casual Games ». Ce sont des jeux pour joueurs occasionnels.

Les caractéristiques de ce genre de jeu, mal vu en France à mon humble avis, sont son petit budget, son appui sur des environnements 2D plus ou moins statiques, sa ridicule durée de vie, mais surtout, son prix. Il est riquiqui par rapport aux jeux AAA. Sachez enfin que la plupart des Casual Games sont des « jeux d’aventure & d’objets cachés. »
Le principe est que le joueur avance grâce à quelques objets qu’il doit d’abord activement chercher dans l’environnement proposé. Environnement qui sera plus ou moins surchargé d’objets en tout genre. Grâce à ces objets trouvés, le joueur résout une énigme qui lui permettra d’avancer.

Bon, voilà, maintenant que le contexte est posé, on peut y aller.

Quand on lit : « Jeu d’objets cachés » on peut faire la grimace et ne pas avoir envie de flinguer 15€ pour chercher ses lunettes. Ça, je le fais déjà en vrai.

En effet, la majorité des jeux d’objets cachés se borne à un environnement capharnaüm-ique, plus ou moins joli à regarder, mais où une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Pour rendre la chose encore plus dénuée d’intérêt, on vous file une liste d’objets à trouver dans ce fouillis. Et quand, enfin, vous avez complété la liste, ce n’est que pour garder un ou deux de ces objets afin de résoudre une énigme. Or, quand vous savez que vous avez besoin d’une clé pour ouvrir une porte et que vous finissez par trouver la clé, il est quand même agaçant de se farcir le reste de la brocante. Si, en plus de ça, les environnements ou les personnages ne ressemblent à rien, si la musique vous fait immédiatement couper le son, vous vous félicitez d’avoir téléchargé la démo… Sinon, vous pleurez.

Je vous fais peur, hein ?

Ben Dream Chronicles échappe à presque tous ces inconvénients.

Screenshot de la chambre

La Grande Fée Lilith a gelé la porte, la coquine.

 

Pour commencer, Dream Chronicles évite l’écueil principal et proprement insupportable. Ici, pas question d’environnements laids, bourrés à craquer de trucs et de bidules dont la présence est plus ou moins justifiée. (Comme un canard en plastique dans une salle de torture, par exemple). Les environnements du premier volet, sans être parfaits, sont simples, élégants, féeriques et, surtout, normaux !
Par exemple, le jeu commence dans la chambre conjugale. On compte le lit, une table de chevet, un ou deux livres, une fenêtre, une cheminée, la porte vers le couloir. POINT. On vous demande de faire du feu. La cheminée est déjà prête à être allumée. D’accord. Alors tout ce qu’il vous manque, c’est une allumette. Logique, non ? Vous trouvez l’allumette, vous l’utilisez sur le foyer, et voilà, énigme résolue ! Alors oui, cette simplicité réduit de moitié la durée de vie du jeu, certes. Ce n’est heureusement pas le seul type d’énigmes proposé. On retrouve la classique énigme musicale (Simon’s game) qui vous demandera de faire bosser votre mémoire. (Ou de prendre des notes…) afin de reproduire la mélodie entendue. Ou bien il vous faudra réparer des objets pour débloquer le passage, reformer un motif dont on vous a planqué les éléments dans l’environnement (La Grande Fée est une petite farceuse), donner la réponse correcte à une question…

Le petit plus de Dream Chronicles par rapport à ses concurrents est d’exploiter la veine du collectionneur compulsif. Le jeu vous propose en effet de réunir des « Bijoux des rêves » et de les compléter en dénichant des « Joyaux oniriques » disséminés dans chaque environnement. Un Bijou complété donne des informations sur son créateur féerique, ou sa petite légende. Bref, ils composent une toile de fond au récit qui rend le jeu un peu plus attachant et poétique.

Qui plus est, un journal est là pour résumer l’avancée, chapitre par chapitre. Le jeu en comptant 18. Et il y a aussi un personnage pour vous rappeler le but du moment si vous ne vous rappelez plus ce que vous deviez faire entre deux sessions de jeu.

Un motif à recréer

C’est chouette, hein ?

 

Graphiquement, l’ambiance se pose immédiatement. On se trouve dans un lieu idyllique, plein de lumière et de légèreté dans les couleurs et les formes. La féerie est partout. Quoique dans cet épisode, les environnements semblent faire dans la fausse 3D e peuvent sembler naïfs dans le rendu, bruts, pas trop fignolés, pas très délicats. Un manque de nuances, peu de variétés de tons… Ils sont pourtant bien croqués, avec une bonne composition, à l’inverse des bordels innommables qu’on vous assène dans d’autres jeux du même genre, comme les Mystery Case Files.

Si les graphismes s’en sortent bien, la musique moins, parfois. Certaines deviennent vite lassantes, voire agaçantes. Ce qui est le comble quand le jeu est en lui-même un plaisir pour se détendre. Hélas, parfois, vous vous trouvez à baisser le volume, voire à le couper complètement. Cependant, dans l’ensemble elles accompagnent bien les différents environnements et rehaussent l’intensité de cette ambiance magique, calme, presque contemplative… Mais tout en vous rappelant que, hey ! Y’a urgence, là ! On vous a volé votre mari ! (Et, accessoirement, endormi toute la ville de Wish…)

Au niveau de la traduction, elle est correcte. Heureusement, car plusieurs énigmes se basent sur les mots.

Un jeu à se réserver pour la détente lors des belles journées de printemps pour peu que vous soyez sensible à la magie et à la poésie de l’aventure. Mais pour l’action, la stratégie et les liiiiiiitres d’hémoglobine, c’est raté. (Allez plutôt voir Dragon Age : Origins, mais sa chronique sera pour une prochaine fois.)

  • Points positifs :

– Son prix
– Son univers graphique et son ambiance tous les deux réussis
– Sa logique simple, hors des horripilantes listes d’objets habituelles…

  • Points négatifs :

– …mais qui écourte encore un peu plus sa faible durée de vie
– Certaines musiques agaçantes
– À éviter si vous n’avez pas envie de travailler votre mémoire, surtout l’auditive. Ou simplement vous abîmer les yeux à fixer l’écran à la recherche du bidule bien caché.

http://www.katgames.com/

Publié le: 12 décembre 2017 | Commentaires: 0

Autour de… La Louve de Brocéliande – Jeu PS3 & Bande-son : Folklore

Au-dessus, « The Netherworld » de Kenji Kawai, issu de la bande originale du jeu.

Du temps de mes études à Bordeaux – un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ♥ – je cherchais un jeu dont le thème serait le monde féerique, le Petit Peuple, l’Autre Monde. Je vivais une nouvelle crise de manque, voyez-vous. Hélas, je ne trouvais rien sur PC de vraiment sympa puisque j’avais déjà Zanzarah. Un bien bon petit jeu d’aventure à l’ambiance bucolique, genre de Pokémon-like, mais avec des fées et désormais sur Steam, mais sans sa VF. Je vous en reparlerai. Bref, un jour, avec mon frère jumeau, nous sommes allés nous promener dans un magasin Micromania…

C’est en flânant entre les rayons que mon œil est tombé sur cette couverture titrée en GROS tout ce que j’aime :

Un bon jeu d’action/aventure dans les pays des morts.

Autant vous dire que j’ai semé ma bave sur le parquet. Ou mon sang, c’est pareil. Mais, ce fut le drame : ce jeu qui me faisait saliver rien que par la promesse de sa couverture n’était disponible que sur PS3…

Maintenant : je l’AAAAAAAAAAAAIIIIII ! Je ne l’ai à ce jour toujours pas terminé, bien que je sois à la fin du jeu, mais je l’ai.

Mon frère (béni soit-il ^___^) s’est entre temps acheté une PS3 en occas’, pour jouer à MGS4, donc je me suis acheté Folklore en occas’ ! 😀

J’ai qu’une chose à dire pour résumer mon impression : magique !

Bon, allez, l’heure de la présentation ^^

Genre : Action/Aventure/RPG (On gagne des niveaux, c’est tout)
Année : 2007
Développeur : Game Republic

Synopsis :

Rencontre avec les morts.

Ellen a 22 ans, elle est étudiante et a été élevée dans un orphelinat, car, 17 ans auparavant sa mère a disparu dans des circonstances indéterminées. Or, la voilà à Doolin, un petit village paumé d’Irlande, après avoir reçu une lettre de sa mère lui demandant d’aller là-bas la retrouver…
Sur la colline de Sidhe (rencontrer quelqu’un sur la « colline des fées », je savais que ça sentirait le sapin ^^). Sur la colline, donc, Ellen croit trouver sa mère, assise, recouverte d’un châle et lui tournant le dos, mais… c’est un cadavre qu’elle retrouve et qui tombe dans la mer au bas de la falaise.

Keats est journaliste dans un magazine d’occultisme de seconde zone : « Royaumes Inconnus ». Ayant déjà écrit un article sur le village de Doolin, plus ou moins à l’abandon, et alors qu’il travaille, il reçoit un étrange appel anonyme d’une femme terrifiée le suppliant de l’aider et de se rendre au village. La femme s’exclame : « Les Faerys vont me tuer ! » Intrigué par cette histoire, le journaliste s’y rend, monte la colline et c’est avec Ellen qu’il découvre le cadavre de la femme inconnue.

S’en suit pour nos deux héros une aventure divisée en chapitres que l’on peut suivre avec chacun des deux protagonistes, car leurs chemins s’entrecroisent et sont complémentaires. Ainsi, à la fin d’un chapitre vous retournez à l’écran où vous choisissez de continuer avec le même ou avec l’autre personnage. Certains choix faits avec l’un influencera les événements suivis avec l’autre.
Entre enquête policière et quête initiatique dans le monde féerique et inquiétant du Neitherworld, les deux héros devront faire le lien entre le monde des vivants et celui des morts pour lever le voile sur le mystère de Doolin. Cela tout en combattant d’étranges ennemis avec l’aide des créatures du Netherworld à asservir.

Remarque : la bande originale du jeu compte Kenji Kawai, entre autres, à sa composition. Cela donne des musiques aux mélodies simples, souvent calmes, mélancoliques, mais aussi inquiétantes donnant au jeu son atmosphère d’Autre Monde.

Le style du character design semble coréen par les yeux aux longs cils, bien fermés, les iris brillantes, la peau lumineuse et, pour Ellen, les lèvres en cœur mis en avant. Ellen fait penser à une de ces poupées coréennes.

Liens :

 Le test sur Jeu video.com

 Folklore sur Amazon

 

Et la Louve dans tout ça ?

Eh bien, c’est très simple. J’ai été très inspirée par l’ambiance étrange, mystérieuse, oppressante de Folklore, à la fois lorsque l’on se trouve dans les différents mondes du Netherworld (le monde des fées) et aussi lorsque l’on parcourt le village de Doolin. À Doolin, l’ambiance est très mélancolique, le village est tout petit, mais tout le monde y a enterré ses petits secrets et y porte ses deuils. La mort n’est jamais loin et les cauchemars non plus. On s’y sent presque coupé du monde. Dans le Netherworld, le même endroit peut être aussi merveilleux à admirer (merci la PS3 et sa HD) que terrifiant ou inquiétant à parcourir (C’est un jeu d’action/aventure, les combats sont très rythmés et parfois très tendus). Les thèmes de la mort et du deuil sont omniprésents. C’est ce qui m’a toujours énormément plu dans ce jeu. Les Faerys ne sont pas des mascottes toutes mignonnes à prendre à la légère, mais des êtres puissants et capricieux. Pour les obtenir comme alliés, il faut être motivé et bien malin.

On commence doucement avec le premier monde qui nous donne un environnement crépusculaire, avec des êtres féeriques qui vont du très populaire au plus obscur (sauf une fois qu’on a lu Katharine Briggs et là, on se rend compte du travail documentaire effectué pour le jeu.) On va donc croiser un Barguest ou encore un Cernunnos tant qu’à faire (oui, carrément). Mais aussi des créatures moins connues du folklore anglo-saxon comme le Padfoot ou Aughisky (le Kelpie, ou cheval des eaux des Irlandais).

Au fil de l’aventure, on ira dans la mer, dans un univers plus proche d’Alice au Pays des Merveilles – que j’ai sincèrement détesté tant il me rendait claustrophobe et en plus, je n’aime pas Alice -, dans un monde ravagé par la guerre, aussi, et même en Enfer. Oui, je sais, ce dernier est presque hors sujet, mais presque seulement car tous ces mondes sont les diverses représentations humaines de l’Après. Ou bien il s’agit de mondes que de tels traumatismes ont créé. Car le Netherworld n’est rien sinon la somme du subconscient humain, et les Faerys, des fantasmes auxquels les humains donnent vie dans le Netherworld.

Et c’est sur ce dernier point que repose le secret de la relation entre Ellen et Keats, pour ne pas vous en dire plus.

J’ai donc écrit énormément de scènes avec ce clair-obscur des fées en tête, le fait qu’elles étaient des créations de l’esprit humain, de leur relation interdépendante, mais aussi avec la bande originale du jeu qui était parfaite.

Voilà, j’espère que cet article vous a plu et vous donnera une nouvelle vision de la Louve de Brocéliande ! N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous le souhaitez, je suis toujours très ouverte à la discussion. Et je ne mords pas. ^^

Publié le: 23 août 2017 | Commentaires: 0

La Vouivre ou Guivre

Je vais apporter du beurre à ma mère grand après !

Je vais apporter du beurre à ma mère grand après !

Bonjour, bonjour ! Je me nomme Annette et la Narratrice m’a faite gardienne de la boîte folklorique ! Ici, je vais vous parler des créatures magiques, des légendes, et de plein de merveilles connues, inconnues ou méconnues ! La dame m’a dit que, parfois, je travaillerai en binôme avec Merlin quand il parle d’Arthur et des chevaliers… Je sais pas vous, mais moi j’ai les guibolles qui font les haricots rien que d’y penser.

Bref ! Pour ce premier article, je vais vous présenter madame la Vouivre. Vous la connaissez sûrement ! Mélusine est sa cousine ! (Mélusine, hein, pas Bécassine, attention !)

Allez, on va commencer par ce que la Narratrice appelle de l’éthymlolo…éthylo… éthymolo… j’y suis presque ! Ah ! Je sais ! « Et toi mon logis ! »

Non, c’est pas ça ? Bah, l’origine des mots, quoi !

La Vouivre, ou « Wuivre », « Wivre », « Wouavre », « Wyvern » (sur Albion) vient de l’Ancien Français « Guivre » ou « Givre » qui signifiait « Serpent« .vi

Comme vous devez vous en douter, c’est une femme-serpent. Sous sa forme humaine, elle a le tronc d’une femme, et le bas du corps est celui d’un serpent. (C’est pour ça que c’est la cousine de Béc… de Mélusine.) Sous cette forme, elle est loin d’être laide avec ses cheveux noirs aux reflets roux et ses grands yeux vert eau d’après Marcel Aymé.
Mais sous sa vraie forme, la Vouivre est un DRAGON ! Un serpent ailé. Un dragon couvert de feu, mais quasi aveugle. (Oui, je sais, c’est ballot de faire autant de lumière pour rien.) Non pas parce qu’elle vole de nuit, mais parce que sans le rubis appelé « Escarboucle » qu’elle porte au front, elle n’y voit riiiiiiien !

Pauvre Vouivre, à chaque fois qu’elle se baigne dans les lacs où elle vit, elle dépose cette lunette magique sur la rive et y’a toujours un homme cupide pour tenter de la lui voler ! Vous apprécieriez, vous, si un gars arrive pendant votre douche et vous taxe votre canne pour se faire des sous quand vous avez une jambe cassée ? Non, hein ? Ben, la Vouivre non plus et c’est ce qu’il lui a fait sa mauvaise réputation de mangeuse (littéralement) d’hommes dans le Jura et la Franche-Comté où elle habite.

Enfin, faut avouer que l’escarboucle, c’est plus qu’un oeil en prothèse… Grâce à lui, il paraît que l’on peut discuter avec les oiseaux, donc – d’après les explications un poil confuses de la Narratrice – avoir accès au savoir sacré, à la connaissance, mais aussi repérer les trésors cachés sous terre et donc en quelque sorte faire preuve de clairvoyance !

Oui, parce que dragon de son état, la Vouivre est du coup la gardienne avec son escarboucle d’un trésor à la fois tangible (« De l’or de l’or de l’or ! » comme diraient les Nains), mais aussi abstrait comme la sagesse et le savoir. (Ce que signifie la racine grecque de « Gnome ».) Et peut aussi guérir les maladies des yeux.

Dragon, la Vouivre a donc ce rapport particulier avec l’élément « terre ». Mais aussi avec l’eau dans laquelle elle se baigne. Fait intéressant : cela la rapproche des dragons asiatiques car, comme eux, la Vouivre est en rapport étroit avec le printemps et on la dit capable de fertiliser les sols et aussi les rivières. Elle peut, peut-être, se rapprocher également dans ce sens avec la déesse chinoise de la création et du mariage, Nüwa, qui est un serpent à tête de femme.

Avec ce rapport au printemps et au renouveau de la terre, c’est sans doute pour cela que l’on dit son trésor accessible une fois l’an, le jour de Pâques. Celui qui, ce jour-là, lancerait une miche de pain sur le trésor de la Vouivre aurait le droit d’emporter la partie du magot touché par la mie de pain. (Enfin, s’il arrive à s’enfuir avec.)

Mais elle n’est pas que terriblement effrayante, la Vouivre. On la dit aussi assez gentille pour guider les voyageurs avec son escarboucle. C’est plutôt sympa, non ? C’est mieux que de se faire mordre les mollets par les vipères et autres serpents venimeux qu’elle commande, non ?

Pour l’anecdote, en Bourgogne et Saône-et-Loire, à Couches-les-mines plus exactement a lieu tous les ans la « fête de la vouivre ». Là-bas, la Vouivre a un corps de serpent, mais une tête de loup-garou, et aurait ravagé le village en 1328. Les villageois s’en débarrassèrent avec l’aide d’un pote du joueur de flûte d’Hamelin : il charma le dragon tant et si bien que la Vouivre alla se faire cuire au four – hélas, avec le flûtiste.

Mais bon, en Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes où elle prend son nom d’Ancien Français, « Guivre », elle devient une collègue des Taties et autres Mères Noël et intègre les rangs des fées du foyer. Et du feu. Logique.

Philippe_Marie_Visconti

C’est rigolo : alors qu’elle avale un homme, comme il est en rouge, on dirait aussi qu’elle crache du feu !

21504269 Enfin, sous son nom de « Guivre » elle orne les blasons de cet art compliqué qu’est l’héraldique. Elle est une figure, ou un « meuble » répandu. Sous ce nom de « Guivre », elle avale un humain et peut être couronnée.

La Wyverne bien connue des joueurs de Donjons&Dragons est la version anglo-saxonne de la Guivre. Dans ce cas, la wyverne est un dragon ailé à deux pattes et à la queue empoisonnée de scorpion.

Voilà ! J’en ai terminé avec la Vouivre ! Maintenant, je suis en retard pour aller voir mémé ! Souhaitez-moi bonne route et je vous dis à la prochaine fois au pays des merveilles !

Ah, une dernière chose. Pour cet article, j’ai été lire les ouvrages de Pierre Dubois, de Katherine Quénot, Le dictionnaire féerique d’Arnaud F Ruaud (Éditions Oxymore) et Le bestiaire fantastique de Richard Ely & Co. aux éditions Terre de brumes.
Et : http://lalanguedublason.blogspot.fr/2012/06/le-dragon-heraldique.html

Publié le: 26 mars 2016 | Commentaires: 0

Les Fées de Brocéliande

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d'un long sommeil.

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d’un long sommeil.

Bien le bonjour, voyageur… S’il est encore utile de me présenter, je me nomme Merlin

La petite Narratrice en échange d’un pot de miel m’a demandé de veiller sur ce tiroir imaginaire… Il est dédié aux univers qu’elle a créés… Plus particulièrement celui de Brocéliande et de sa louve gardienne. Comment aurais-je pu refuser ? C’était moi, où laisser Mordred y jouer un mauvais tour à ma place…

Enfin, nous allons commencer par le commencement, voulez-vous ?

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter Brocéliande, la forêt mythique sur laquelle je veille et… dirait-on, où je végète… Brocéliande en Bretagne continentale, cette belle Armorique, est le Berceau des Belles Dames, les fées et où les chevaliers d’Arthur ont été mis à l’épreuve.

Mais je ne vais pas m’égarer au sujet des garçons… Je vais vous entretenir de leurs initiatrices, les Demoiselles, en cette saison pluvieuse… Sachez que malgré leurs différends, il est en réalité délicat de, justement, les différencier. Avec elles, gardez à l’esprit qu’il vous faut vous méfier des apparences… Il y a du bon et du mauvais en toutes choses.

Celles de la cour des rêves et de la lumière, la « Cour Seelie », comme elle se fait appeler, a élu domicile en Brocéliande. Leur clan semble accueillant, mais il ne faut pas les croire inoffensives. Les Seelies sont comme ce dicton : « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ».
A l’inverse, les fées des cauchemars et des ténèbres, les « Unseelies », préfèrent les grandes villes, car c’est là-bas qu’elles prolifèrent le mieux. Par nature, elles ont une dent contre l’Homme pour les avoir oubliées, voire avilies. Qui peut reprocher l’amertume d’une reine transformée en Clochette ? Ou… Si je dois vous présenter cela de façon plus… moderne… Ah ! A moins que ce ne soit classique… Qui peut reprocher le désir de vengeance d’une femme traitée en putain ?

C’est ainsi qu’aveuglées par la rancune, les Unseelies conspirent afin de conquérir Brocéliande et réduire à néant leurs rivales qui protègent l’Humanité honnie. Ah… Je me souviens encore du jour où les deux Cours se sont brouillées au point d’oublier leur devoir de créer l’Harmonie… Mais je vous parle d’un temps que les moins d’un millénaire au moins ne peuvent pas connaître…

Moi ? Oh… Oui, j’ai rejoint les rangs des Seelies avant de me laisser piéger dans un sommeil enchanté, épuisé et découragé…

Mes maigres espoirs reposent sur la dernière descendante du chevalier-loup Bisclavret… Peut-être réussira-t-elle en cette époque « asphalte », selon le bon mot d’un jeune disciple, là où son aïeule à échoué… Pourvu qu’elle ne me réveille pas… Ma présence ici est secrète, voyez-vous.

Ah… Je vous en ai suffisamment révélé pour aujourd’hui… A bientôt, petits curieux… Mon Tombeau m’attend… J’ai tellement sommeil…

Publié le: 5 mars 2016 | Commentaires: 0

Tordons le cou à quelques idées reçues à propos du MA 1 – Le droit de cuissage

Sire Adémar pour vous servir !

Sire Adémar pour vous servir !

Bien le bonjour, gentes dames et gentils seigneurs. Je me nomme Adémar et suis l’humble sire chevalier qui garde cette boîte médiévale à la demande de dame Narratrice. Je vous souhaite donc la bienvenue à ce premier cours magistral de votre serviteur sur cette période riche et contrastée, mais à la très mauvaise réputation, qu’est le Moyen-Âge !

Tout d’abord, je tiens à partager avec vous cette boîte à images animées issue de la chaîne Nota Bene en guise de préambule.

Voici. Quoi qu’il en soit, nous allons nous arrêter sur la tranche qui nous intéresse. Car mille ans d’Histoire pour cette période, vous pensez bien que je ne sais pas tout, et encore moins ma dame pour qui je dois rassembler les notes. Je vais donc me concentrer sur une partie, la période du Moyen Âge dite « Classique » qui s’étend de la fin du XIe à celle du XIIIe siècle afin de venir en aide à mon amie.
Cette période commence donc, pour vous donner une idée, avec Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, qui s’assoit sur le trône d’Angleterre en 1066. Elle se termine avec la mort de Saint Louis lors de la 8e Croisade en 1270. Selon, évidemment, les dates retenues arbitrairement.

Pourquoi « arbitrairement » ? Parce que contrairement à ce que l’on imagine avec la frise de l’école, il n’y a pas de contraste tranché entre les périodes. Surtout lorsque l’on décide a posteriori du découpage et des susdites. En réalité, l’Histoire est un dégradé infini.

Bien, désormais, intéressons-nous au titre de ce premier pamphlet : une idée reçue passée dans la culture populaire et qui concerne le Moyen-Âge. Il s’agit du fameux, de l’inénarrable et du toujours coriace…

LE DROIT DE CUISSAGE.

 

Il s’agit du préféré de ma dame Narratrice – dans le sens où c’est celui qu’elle déteste le plus – et avec lequel elle m’a demandé d’inaugurer ce tiroir.

Le droit de cuissage, qu’est-ce que c’est ?

C’est dans le film Braveheart, un film connu pour être à prendre historiquement avec des pincettes géantes. Si, dans le film, William Wallace joué par Mel Gibson devient un rebelle écossais recherché par l’occupant anglais, c’est pour avoir occis un noble seigneur – anglais – parce que celui-ci avait désiré jouir de son droit de cuissage sur la personne de la nouvelle épousée de l’Écossais. (C’est aussi dans le jeu vidéo Dragon Age : Origins, mais puisqu’il s’agit d’un univers fictif dans un Moyen Âge fantasy, il a droit à quelques… fantaisies.)

Le droit de cuissage n’est ni plus ni moins que le viol d’une jeune mariée par le seigneur de son mari.

Et c’est surtout une invention pure et simple des Lumières pour illustrer leur argumentaire sur la barbarie de la société féodale.

Et la piété filiale, vous en faites quoi ?

Mais ça n’a jamais existé, en tout cas pas dans le royaume français féodal. (Pas le viol de jeunes mariées, hein, mais ce droit imaginaire, imaginé et censé le légitimer.)

En réalité, les Lumières ont inventé ce « Droit de cuissage » à partir de plusieurs autres droits ou devoirs féodaux qui n’ont rien à voir, ou n’ont rien d’abusif. Le seigneur a besoin de main-d’œuvre pour cultiver ses terres. Ce serait anti-productif de les inciter à aller voir ailleurs. S’il y a eu des cas particuliers, ce n’était pas la majorité qui préférait prospérer. Ou alors elle capture les serfs et les terres du voisin, c’est plus sensé.

Le droit qui a pu être ainsi mal interprété est le droit dit de « Formariage » qui concerne les serfs. Les serfs sont des paysans qui appartiennent à la terre et, par extension, au seigneur de celle-ci. Ce droit prévoit que lorsqu’un serf veut se marier en dehors de la seigneurie dont il dépend, il doit payer une taxe à son seigneur en compensation.
C’est tout. Une histoire de sous et de main-d’œuvre.
Ce qui a aussi pu inspirer le droit de cuissage aux Têtes d’Ampoules est une tradition qui voit le sacré glisser dans le profane où, toujours concernant un serf, le seigneur peut, à l’image d’un prêtre, officier le mariage. Lorsque les nouveaux mariés vont pour s’unir, le seigneur, pour parrainer leur mariage et le soutenir, touche ou passe une jambe sur le lit conjugal afin de le bénir.

Il n’a jamais été question de faire quoi que ce soit avec la nouvelle épousée du serf ! Le viol était d’ailleurs considéré pénalement comme un crime gravement puni ! Prenez l’exemple du Lai de Lanval, de Marie de France, poétesse anglo-normande du XIIe siècle. Où le chevalier Lanval est – faussement – accusé de viol par la reine Guenièvre. Le sire aurait été mis à mort si la dame fée de ses pensées ne serait pas apparue pour le sauver. Mais, je reviendrai une prochaine fois sur le système juridique féodal, plus complexe, procédurier, codifié et moins hasardeux que l’on veuille bien le croire, surtout en Normandie. (Et non, l’on n’accuse pas quelqu’un sans un minimum de preuves. Tout bonnement parce que le mensonge est très, très, très mal vu.)

Pour en revenir à la coutume de la bénédiction du lit par le seigneur, ça peut paraître étrange comme cela, mais dans un prochain feuillet, je reviendrai sur la conception du mariage durant le Moyen Âge classique. Le prêtre n’a eu que tardivement son rôle indispensable.

La religion ayant une très importante place dans la vie du peuple, ce geste du seigneur est ainsi un geste bénéfique et bienveillant. Le couple peut se dire qu’il aura la chance de concevoir sa descendance sans démons ni esprits malins pour semer la pagaille entre leurs draps. Vous pourrez demander à Merlin ce qu’il en pense.

Voilà qui est dit. Désormais, lorsque lors d’une lecture ou d’un spectacle, l’on vous sert du « Droit de cuissage » vous pourrez imiter ma dame Narratrice : lever les yeux au ciel et grommeler. Ou, encore mieux, informer les gens autour de vous que l’on les prend pour des truffes.

Le prochain billet tordra le cou à une autre idée reçue également très coriace que ma dame Narratrice a encore lue l’année dernière dans un livre éducatif pour enfants : en cuisine, les épices étaient là pour masquer le goût faisandé des viandes !

Oui, la prochaine fois, gentes dames et gentils seigneurs, nous parlerons boustifaille ! Là encore, le Moyen-Âge nous montrera qu’il était bien plus raffiné et gourmet que la vision donnée par le film des Visiteurs ! (De la part d’un film français, en plus…)

Et pour conclure, je ne peux que vous conseiller mille fois la lecture de ce site internet : Histoire & Images médiévales. Excellente revue qui a malheureusement cessé de paraître avant de connaître une seconde vie grâce à la magie d’Internet.

http://www.him-mag.com/

Et souvenez-vous : le droit de cuissage n’est bon qu’en salade !

Gentes dames et gentils seigneurs, moi, Adémar, je vous salue !

Publié le: 25 février 2016 | Commentaires: 0