Archives de mots clés: anthologie

Une nouvelle chronique pour l’anthologie Dames de lune, fées des brumes

C’est une chronique fort agréable qui a été relayée sur Facebook il y a quelques jours. Je vous en donne un extrait. Elle provient du blog de Midnight Angel. Merci beaucoup ! =) La Toile de Liadan a frôlé le coup de cœur ! ^o^

Une épopée d’un chevalier parti avec comme quête de tuer l’être qui terrorise la région et va trouver une dulcinée en retour. Une aventure en pays Irlandais, inspiré des légendes de ce pays qui en regorge: merci de m’avoir permise d’en découvrir plus sur cette culture! Cette dame « Liadan de Glencar » est un personnage trouble mais qui, entouré de noirceur, possède une âme sensible et des ressentis. Une métaphore en quelque sorte regroupant les femmes en général, et la morale de cette histoire nous le prouve bien. Bref, une histoire sous forme de légende mais fortement inspirée de la réalité, une lecture qui a frôlé le coup de coeur mais qui n’en reste pas moins captivante.

Publié le: 3 juin 2013 | Commentaires: 0

Première critique de l’anthologie Dames de lune, fées des brumes

Voici une première critique de l’anthologie éditée aux éditions du Chat Noir ! Merci Ambre pour le partage, et Laure pour la critique qui me réchauffe le cœur ! =D

Dames de lune, Fées des brumes

Créature mythologique ou simple humaine, fée amoureuse ou femme vengeresse: les huit nouvelles contenues dans l’anthologie Dames de lune, Fées des brumes nous mènent à la rencontre d’épouse, d’amante, de mère, de fille … toutes liées par la magie, noire ou blanche.

Inspirées des illustrations de Cécile Guillot, les huit nouvelles sont assez sombres: destins tragiques, malédictions ou tromperies … la grande faucheuse est l’invitée de marque de cette anthologie. Toutefois, ne vous alarmez pas, car amour et amitié apportent une note d’espoir dans cette obscurité.

Stéphane Soutoul, seul représentant de la gente masculine du groupe, conte « l’étrange histoire du luthier amoureux », l’histoire d’un homme secrètement amoureux d’une femme inaccessible prêt à sacrifier sa vie pour que celle-ci trouve le bonheur. Toujours aussi agréable, l’écriture de Stéphane nous amène du côté de Kalistran, havre de paix où la musique est honorée.

Avec « Ralvn », Vanessa Terral nous offre une plongée dans la mythologie scandinave et les Divinités romaines. Ralvn, c’est le prénom d’une jeune femme multi-centenaire, fille de déesse, magicienne et guerrière qui se voit confier la garde d’un mausolée. Cette nouvelle alterne passé et présent de l’héroïne et plonge le lecteur dans une ambiance bit-lit auréolée de références mythologiques.

« La légende du dragon d’ambre » de Céline Guillaume nous transporte en l’an de grâce 1123 au château de Bourguaneuf, en terre morvandelle. Ici, un terrible dragon sème mort et destruction sur toute la contrée, propageant la terreur chez les habitants. Tous les courageux qui se sont opposés à lui y ont laissés la vie. Le dernier espoir du seigneur est la jeune magicienne Tendrelune. L’écriture poétique de Céline baigne le lecteur dans une ambiance moyenâgeuse où monstres et magie se côtoient.

Légendes bretonnes et surnaturel se retrouvent dans « Mademoiselle Hilda » de Malaïka Macumi, nouvelle où un médecin va vivre une étrange expérience au chevet de sa malade. Malaïka a une écriture simple, délicate et prenante: elle crée en quelques mots une ambiance malsaine où maladie, secret et fantasmagorie planent.

Avec « la maison de la sorcière », Aline Finley pénètre dans la vie antérieure d’une jeune femme: amie des fées et des créatures de la forêt, celle-ci a été injustement condamnée pour sorcellerie et brûlée sur le bûcher dans son ancienne vie. Avec son écriture, Aline transmet parfaitement les sentiments et l’incompréhension de la jeune héroïne.

L’un de mes chouchous est « Vanité ou destinée ? » d’Ambre Dubois. La jeune auteur nous offre un allé simple pour les terres Unseelie, où Christina, la jeune héroïne, va découvrir à ses dépends que les fées existent vraiment et qu’elles sont loin d’être les créatures mignonnettes des contes. Ambre Dubois signe une nouvelle proche de la Féerie anglo-saxonne et des légendes celtiques. C’est très bien écrit et on s’immerge avec délice dans cette ambiance claire-obscure.

Autre chouchou de l’anthologie : « La toile de Liadan » de Lia Vilorë. Nombreuses références aux légendes celtiques et aux récits moyenâgeux dans cette nouvelle où demoiselles, chevaliers et amour courtois sont au programme. Là encore, un très beau texte où un chevalier se prend d’amour pour une Fée solitaire.

Enfin, cet anthologie se conclut par « Dame Astraea » d’Angelique Ferreira, une nouvelle aux échos de la « Petite Sirène » d’Andersen; une histoire émouvante où une fée est prête à tous les sacrifices pour sauver son prince des griffes d’une sorcière.

Dames de lune, Fées des brumes est une anthologie qui brille par la diversité de ses textes. Elle mixte parfaitement les textes d’auteurs plus ou moins connus, permettant de retrouver avec plaisir les uns et de découvrir avec curiosité les autres. Déjà conquise par la thématique avant d’entamer la lecture, j’ai été charmée par les différentes ambiances et histoires.

Dames de lune Fées des brumes, anthologie dirigée et illustrée par Cécile Guillot, éditions du Chat Noir, 2012

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions du Chat Noir.

http://autrecotedumiroir.net/dames-de-lune-fees-des-brumes

Publié le: 2 janvier 2012 | Commentaires: 0

Nouvelles maisons, prochaines parutions

Coucou tout le monde !

Du beau monde en perspective !

D’abord, flash actu : une de mes nouvelles, La Toile de Liadan va paraître aux Éditions du Chat Noir dans le cadre de l’anthologie « Dames de lunes, Fées des brumes » dirigée par Cécile Guillot.
En janvier prochain, je partagerai la couverture avec Ambre Dubois, Stéphane Soutoul et Angélique Feirrera pour ne citer qu’eux ^^

Longue vie aux Éditions du Chat Noir !

Ce qui me permet une magnifique transition, presque pas bancale, pour vous parler de quelques nouvelles maisons d’édition à surveiller de près. Les Éditions du Chat Noir, mais aussi Rebelle Éditions. Pour celles et ceux qui écrivent dans le SFFF (SF, Fantasy, Fantastique), soutenez ces jeunes maisons ! Elles sont à la recherche d’auteurs à éditer, alors faites péter les manuscrits ! Rendez-vous sur leurs pages Facebook pour plus d’informations.

Quant à moi, en attendant les sacro-saintes réponses, je retravaille La Louve pour quelques petits détails, ça m’occupe. Au moins, en mai 2012, vous pourrez quand même me lire aux Éditions du Petit Caveau pour mon premier roman : Vampires d’une nuit de printemps ! 😉

Ce qui me permet une autre transition ! Les Éditions du Petit Caveau lancent un nouvel appel à textes intitulé « Vampire malgré lui« .

Voici le nouvel appel à textes lancé par les éditions du Petit Caveau !
Deadline : 15 octobre 2011, minuit.

Appel à textes « Vampire malgré lui »

Il est grand et fort, musclé à souhait. Sa beauté fait rêver, son regard ténébreux envoûte chaque femme qui le croise. Il les tombe toutes (et tous, parfois), dicte ses propres lois, règne dans l’ombre sur le monde. On le craint et le respecte, il fascine autant qu’il effraie ; on redoute de croiser sa route par une nuit sans lune, et pourtant, on n’aspire qu’à lui offrir la nuque pour le rejoindre dans l’immortalité.
Elle est belle, mystérieuse, aguicheuse ; elle attire les mâles dans ses filets pour mieux les dévorer. Comtesse des ténèbres, princesse de la nuit, on ne cherche qu’à la séduire alors qu’on en a une peur effroyable. Adulée, elle n’a qu’à choisir quel humain partagera son lit parmi la multitude tapie à ses pieds – lequel (ou laquelle) assouvira sa soif de sang dans une étreinte fatale. Ne pas se fier à sa beauté, sous laquelle le monstre sommeille…
Qui sont-ils ? Les vampires, bien sûr, qui veillent en secret sur le monde des mortels, séduisent les masses, tirent dans l’ombre les ficelles du pouvoir, infligent la terreur et… Stop.

On rembobine la bande et on recommence. Des vampires à cette image, c’est ennuyant, n’est-ce pas ? Ce sont des clichés maintes fois exploités : des vampires beaux, forts, sulfureux au teint blafard, sans aucune peur sauf celles de l’ail, du soleil et de l’eau bénite… Mais qu’en est-il des autres ?

Ils ne sont pas tous héros, des créatures dotées d’une puissance sans limite… Ils ont aussi des peurs, des tics, des phobies, des faiblesses, ou se comportent à l’opposé de ce que l’on pourrait attendre d’un vampire. Après tout, ils ont été humains, avant de renaître… Ces vampires malgré eux, antihéros, on les oublie bien trop souvent.

Alors aujourd’hui, nous les voulons sous les feux de la rampe ! Mettez en scène ces vampires dotés d’un caractère contre-nature, ceux qui auraient souhaité ne jamais avoir été ce qu’ils sont. Révélez-nous leurs ambitions, leurs aspirations, leurs vies, montrez-les au grand jour ! Prenez les clichés à contrepied et surprenez-nous !
Attention, le « handicap », la particularité hors du commun, le malaise quel qu’il soit, tout autre état d’âme ou « problème » du vampire ne doit pas faire figure d’arrière-fond, mais être au centre de l’histoire, jouer un rôle et influencer la personnalité, les actes ou la destinée du vampire.

Trois mots d’ordre : vampire, originalité et surprises (en d’autres termes, infligez-nous des claques par des rebondissements, comportements et retournements de situation complètement inattendus).

Les nouvelles pourront relever de tous les genres et époques, et devront compter 60.000 sec au maximum (nous ne refuseront pas les textes plus longs mais nous serons d’autant plus exigeants)

Envoyez vos textes à l’adresse email suivante : anthologie_vampires[@]yahoo.fr (sans les crochets) avant le 15 octobre 2011, minuit, pour une publication courant 2012, en précisant dans l’objet du mail « Titre de la nouvelle – Nom d’auteur ».

Que l’inspiration vous guide !

Voilà ! Bon courage à tous. ^_^

Publié le: 23 mai 2011 | Commentaires: 0

Parution de Fairy Christmas

En fin d’année, Nathy du blog Belisam’art avait lancé un Appel à Textes (A .T.) sur le thème de noël. J’y ai participé avec ma nouvelle « Fairy Christmas ».

Vous pourrez retrouver l’anthologie au format PDF sur le site de Belisam’art à cette page.

Merci à Nathy pour avoir trouvé ma nouvelle à son goût ! Et n’hésitez pas à laisser vos impressions sur le blog de Belisam’art, ou sur le mien !

Et merci à Île Avalon pour la sublime illustration 3D qui accompagne parfaitement ma nouvelle ! Je suis ravie ! 😀

Publié le: 10 janvier 2011 | Commentaires: 0

Fairy Christmas

Cette nouvelle a été soumise l’année dernière aux Editions Muffins dans le cadre de l’AT de noël. Elle n’a, hélas, pas été retenue.

« Fairy Christmas » s’inscrit dans le Cercle des Fées, bien que cela soit seulement sous-entendu dans un souci de compréhension. Elle a pour cadre la Bretagne du XVIème siècle, et narre les amours malheureux d’un jeune britannique dont la fiancée vient de mettre fin à ses jours.

Attention : les éditions Muffins se spécialisent dans l’édition de romans et de nouvelles mettant en scène des amours homosexuelles masculines -boy’s love- sous l’influence des manga YAOI. Ceux qui pourraient se trouver mal à l’aise avec ce genre de récit sont conseillés de passer à un autre tiroir de la Boîte. 😉

Voici donc les 10 premières pages de cette nouvelles qui en compte une trentaine.

Fairy Christmas

 

1510, Rennes, Bretagne au matin de noël

Sous le règne de Louis XII en France et Henri VIII en Angleterre

« Noël, ah noël ! » Alan, spectre de son état, adorait noël. Cette fête importée par les Romains était devenue l’occasion pour les familles bourgeoises et leurs amicaux invités d’afficher une perfection sous tout rapport. Tout devait aller bien dans le meilleur des mondes. Toute la famille était soudée comme les cinq doigts de la main et leurs amis étaient leurs meilleurs amis de toute éternité.

Alan estimait qu’il exagérait à peine.

Noël, bal masqué de l’hiver or et ivoire. Qu’importait qu’en réalité les enfants soient délaissés toute l’année par des parents trop préoccupés par leur réputation. Qu’importait que ces enfants en grandissant abandonnent l’idée que noël soit véritablement une fête familiale plutôt qu’un énième évènement mondain. Ils apprenaient vite à sourire et à mimer le bonheur inconscient d’une progéniture trop couverte de cadeaux et pas assez d’attention.

Ça, c’était pour les familles bourgeoises dont les têtes blondes aux soirs de noël auraient tout donné pour être fils ou fille de paysans. Famille pauvre, mais dont ils imaginaient les membres réellement soudés, comme un homme seul s’étreint et se suffit à lui-même.

Alan, dans la maison qu’il hantait, avait veillé au fil des ans sur ces enfants bourgeois amers et désabusés ayant alors un ami invisible. Lui seul était capable de les faire rêver un soir de noël, le comble non ? Mais ces galopins solitaires étaient récemment partis intégrer un orphelinat… Triste incendie à la cause indéterminée un soir de noël mondain…

Trois morts qu’on aurait pu confondre avec des chapelets de saucisses grillées.

Ah, noël. La plus grosse hypocrisie de l’Humanité, avec ce slogan : « Aimez-vous les uns les autres ! »

Ou faites au moins semblant une fois dans l’année.

À présent, Alan hantait les nuits d’un jeune homme célibataire depuis près de deux ans…

*

Ce jeune homme avait pour nom Leroy Wilsley et en ce seizième siècle français, il était un Anglais qu’on prenait ici en Bretagne pour un fou au mieux, un ennemi au pire. Depuis l’époque du duc Jean IV de Bretagne, les Bretons ne pouvaient plus voir les Anglais en peinture.

Alan avait été de ceux-là les premiers jours. Pas qu’il ait réellement nourri une haine farouche envers l’envahissant britannique, mais il avait une tendance à accorder son violon de malveillance avec celui du bon peuple car cela était plus facile pour lui… Cependant, quand on avait l’avantage d’être visible seulement si on le voulait, les secrets de l’occupant étaient vite découverts.

Alan savait que Leroy venait d’une famille désargentée, qu’il avait été forcé de quitter son pays pour la Bretagne dans l’espoir de faire à nouveau fortune. Il avait comme unique préoccupation de redorer le blason de sa lignée quasi disparue.

Il était, certes, un très beau parti : de haute taille, les yeux bleus, les épaules larges et les membres vigoureux (tous les membres…) Il dégageait de lui une virilité ténébreuse qui chavirait le cœur des jeunes filles en fleur à marier.

Le fantôme qui hantait la maison bourgeoise de Rennes connaissait la vérité sur ce beau garçon : une pression aliénante reposait sur ses épaules. Honneur, prestige, pouvoir. Les siens se plaignaient sans rien faire, le chargeant seul, car en qualité de chef de famille, de leur redonner tout cela.

Ils attendaient tout cela sans bouger le petit doigt, alors que Leroy n’avait pas l’étoffe du grand dirigeant pour une grande famille. C’était un gamin bourgeois cherchant chez d’autres l’attention et l’amour dont enfant il avait si cruellement manqué…

Ainsi avait-il cru le trouver son cadeau : l’amour de sa vie.

En ce matin de noël, tout ce qu’il avait comme présent entre les doigts après une nuit de pleurs et de désespoir, c’était un journal intime taché d’une marque de fiel en guise de ruban.

Dans le salon, assis à côté de la fenêtre où l’on voyait tomber la neige, Alan lisait debout derrière le siège de son locataire mortel aux épaules basses. La voix d’ordinaire si dure de Leroy s’élevait dans un murmure brisé par les larmes tandis que son index suivait les lignes aux élégantes courbes parfumées de rose.

« Il est venu me voir à nouveau cette nuit, mon prince. Je n’ai qu’à me coucher sur ces draps fins pour qu’il vienne à moi et me sourie. La passion que je croyais vivre avec Leroy, je me rends compte qu’elle est fade et terne en comparaison de celle-ci. Malheureusement je me suis engagée à l’épouser… »

L’Anglais échappa un sanglot qui fit baisser sur lui les yeux verts d’Alan aux cheveux noirs. Le spectre médiéval posa ses mains délicates sur les épaules de l’homme enfant qui ne pouvait, hélas, pas ressentir ce geste de soutien.

« Demain doit avoir lieu mon mariage avec Leroy Wilsley ! Seigneur Dieu, pourquoi se marier un matin de noël ? Me prend-il donc non pour sa future femme mais pour un cadeau sous le sapin ? Je ne peux rompre, j’ai promis et je suis obligée devant ma famille. Alors que l’homme que j’aime de tout mon cœur, mon âme et mon corps n’est pas celui que je retrouverai devant l’autel ! Mon amour, pardonnez-moi de vous trahir pour un autre, ce gamin anglais ! »

Alan ne peut s’empêcher de froncer les sourcils face à tant de vilenie féminine qui en autre circonstance l’aurait prêté à sourire. Le « gamin anglais » posa sa main sur son front puis la passa sur son visage en soupirant avec un hoquet. Le fantôme derrière lui le surveilla un instant d’un regard bienveillant puis reporta ses yeux couleur de feuille sur les impitoyables lignes.

« Cette nuit il est venu encore une fois ! Nous avons parlé… Ma décision est prise ! Pardonnez-moi, père, mère, pour mon égoïsme… mais je veux le rejoindre et j’irai le retrouver ! Pour épouser l’homme aux yeux de rêve ! »

Pauvre Leroy… se disait Alan en ramenant son regard sur la nuque blonde de son locataire malgré lui… Ce matin, le matin qui devait être le plus beau de sa vie, il apprenait que sa promise s’était pendue dans sa chambre en robe de mariée…

Blessé au plus profond de son âme, l’Anglais dans un mouvement de haine jeta violemment le journal dans le feu crépitant de la cheminée. Puis saisi par l’urgence et le remord que seul l’amour confère, il se précipita pour récupérer le cruel cahier, seul vestige d’un sentiment dont il avait tout espéré. Dans son empressement, il manqua de se brûler grièvement les doigts, il se brûla même avant de songer à saisir le tisonnier pour sortir du brasier le journal au quart calciné.

Leroy tremblait de tout son grand corps trop fort pour un cœur trop faible. Le cahier sur le tapis, il tomba à genoux en face de lui. Il voulut se relever en s’aidant de ses mains, bras tendus, mais éclata en sanglots. Ses larmes glacées chutèrent pour s’écraser sur la couverture brunie du journal alors que tant bien que mal il serrait les mâchoires. Il avait aimé cette jeune femme, elle avait été la première et la plus courtoise envers lui bien qu’il fût Anglais. Il s’était cru accepté au moins par elle, il lui avait même juré de lui-même qu’il l’épousait par amour et non par profit. Les parents de sa fiancée la poussaient dans ses bras car si eux avaient la fortune, le prestige leur manquait.

Quel idiot, se disait-il, quel idiot il avait été ! Croire qu’ailleurs il aurait pu trouver ce qu’il n’avait jamais eu ! Mais non, jamais, on attendait tout de lui sans s’enquérir de ce qu’il souhaitait en retour ! Tout le monde s’en moquait que lui souffrît de solitude, de mal amour. C’était toujours les enfants des autres, les autres, qui remportaient ce qu’il s’était cru en droit d’avoir. Présence d’un père, d’une mère, mots affectueux et encouragement. L’argent et le paraître rendaient-ils aussi méprisable qu’on en oublie de regarder ou entendre les siens ? Tout, tout n’était qu’égoïsme et mensonge, même lui !

Ses doigts épais se replièrent et se serrèrent sur sa paume, ses poings crispés tremblaient de frapper cet homme, cet autre, pour le punir de lui avoir volé ce qui aurait dû être pour lui ! Les yeux bleus de Leroy s’enflammèrent d’une lueur glauque assombrissant son regard et le rendant flou.

L’homme aux yeux de rêve ! Quelle sorte de folle avait été sa promise pour croire qu’en se tuant elle se marierait avec lui ? Que ne pouvait-il la gifler, la secouer et la battre pour lui avoir poignardé le cœur aussi lâchement ! Pourquoi n’aimait-il que ce qui le blessait, le méprisait jusqu’à le faire se sentir plus négligeable qu’un mendiant ?

Ses poings s’écrasaient, martelaient le sol de pierre en un rythme soutenu par la rage et le dégoût. Dégoût de soi, dégoût d’elle, dégoût de lui et des autres, et du reste.

Alan l’observait faire, le pauvre homme enfant qui, trop frustré, n’avait jamais pu grandir. Resté debout près de la fenêtre, la tête entièrement tournée vers ce spectacle pitoyable, le fantôme attendit patiemment que l’Anglais soit à bout de force.

Il le trouvait extrêmement bruyant, puéril et égoïste… Tout à fait à son image.

La raison pour laquelle il l’aimait.

Le seul cas de figure où Raison et Amour vont ensemble.

*

Quelques semaines après noël, le physique et le mental de Leroy s’étaient lentement dégradés…

Ayant cessé d’aspirer à l’amour, il le méprisait à présent purement et simplement. Obsédé par les derniers mots écrits par celle qu’il appelait à présent « la garce », il ne supportait plus la compagnie d’autres hommes ayant un regard pareil au sien. Les yeux bleus d’un rêveur.

Alan était inquiet. Leroy n’était pas encore une loque prête à être jetée hors du manoir, mais en deux ans de cohabitation il n’avait jamais vu chez l’Anglais cette habitude de boire un peu trop et trop souvent.

Le blond d’ordinaire courtois et bon avec son personnel de maison devenait irascible et blessant. Il était en phase de compter parmi ces bourgeois trop imbus et bus d’eux-mêmes qu’Alan avait en horreur. Le noble spectre de toute manière méprisait tous les bourgeois, et ce genre-là en particulier.

Ainsi à la fin de cette semaine, il prit une décision : celle d’apparaître à Leroy et d’entrer à proprement parler dans sa vie. Il pourrait faire ainsi une pierre deux coups : tirer l’Anglais du gouffre et se faire aimer de lui. Après tout… il était le seul avec le pouvoir de satisfaire l’homme enfant dans sa quête d’affection et de sincérité.

De ce fait, un soir Leroy avait renvoyé jusqu’à demain tout son personnel ou presque, et était encore de mauvaise humeur, occupé à boire. Alan se rendit visible devant les portes du manoir en étant habillé comme un homme de ce temps. Un homme de haute naissance en culotte bouffante de velours blanc ornée de perles (lui, imiter un bourgeois ? Jamais !) mais qui se trouvait présentement dans le même état de détresse que l’Anglais.

Il tambourina à la porte en braillant et exigeant séant qu’on lui ouvre, bon dieu ! … Tout en sachant parfaitement que le maître d’hôtel ne viendrait pas lui ouvrir (il était enfermé à la cave). Leroy devait dès lors s’obliger à se lever.

Au moment où le battant de bois s’effaça jusqu’à laisser voir le sombre visage britannique, Alan arma son bras et lui écrasa son poing au visage en plein sur le nez ! Le blond recula prestement et jura en portant les mains à son édifice nasal malmené. Le noble profita du moment pour entrer de force dans le hall et claquer les portes derrière lui tout en continuant de vociférer. Il passa une main dans ses cheveux défaits, ébouriffés et sales pendant qu’il lançait d’une voix grave et menaçante :

« Voici donc le fieffé salopard qui a joué avec le cœur de ma fiancée ! Toutes ne vous suffisaient pas, il vous fallait la mienne, hein !

— Messire, j’ignore de quoi vous parlez, répliqua sombrement Leroy en levant les yeux vers son agresseur.

L’Anglais les écarquilla, le sang lui monta à la tête lorsqu’il croisa le regard vert d’Alan à la fraise à demi défaite comme le lacet de sa cape. Il détestait ces yeux, ces iris magnifiques d’une rare richesse. Des yeux de rêve ! Serrant les poings et les mâchoires, Leroy foudroya l’inconnu de son regard azur virant au bleu marine.

Alan le saisit par l’épaule en plantant sans pitié ses doigts et ses ongles dans la peau tendre à travers le riche textile. Son haleine empestait l’alcool bon marché tout comme celle de l’Anglais.

— Je vais vous apprendre à faire semblant avec moi, chien d’Henri ! menaça-t-il d’une voix rauque. Je vous connais vous et votre joli minois !

— Lâchez-moi immédiatement ou il vous en cuira ! Sortez de chez moi, sac à vinasse ! répliqua Leroy en un sifflement de serpent. Il dégagea la main de l’inconnu par un geste brusque de l’épaule.

Alan lui rit au nez alors qu’il reculait d’un pas, faisant déployer sa large cape noire d’un geste ample du bras. Un petit peu trop théâtral, se dit-il sur le moment, mais noblesse oblige. Il pointa Leroy de l’index, autre bras tendu, tout en se gaussant de lui.

— « Sac à vinasse » ? Vous pouvez parler, Wilsley ! Que dit-on de vous ces derniers temps ? « Il boit comme avec une chope sans fond », « il a l’allure d’un coupeur de gorge ! » Vous les effrayez toutes ces quelques semaines ! Vous n’avez pas supporté de faire tuer ma fiancée ? Vous avez des remords ? Non ! Vous êtes trop lâche pour cela !

— Je ne vous permets pas de m’insulter ! Vous ne savez rien de moi ! éructa le blond en frappant la main à l’index tendu de la sienne.

— Je vous insulterai autant qu’il me plaira, l’Anglais ! Vous n’êtes que bourgeois ! Pour moi vous ne valez guère mieux qu’une mouche à merde collée au cul de mes chevaux !

— Cela suffit !

Enragé, Leroy frappa à son tour en se jetant sur Alan qui se laissa emporter. Son dos heurta douloureusement la solide porte en chêne ainsi que les poignées de fer peint et il serra les dents. Fixant le blond au regard flamboyant, il eut un sourire torve en songeant combien ce regard était beau mais dit :

— C’est tout ce que vous pouvez faire, l’Anglais ? On n’a pas assez de nerfs pour frapper un noble au visage ? » ricana-t-il.

La seconde suivante, le jeune homme prouvait le contraire en lui assenant une droite qui lui brisa le nez ! Le sang explosa sur son costume et celui du Britannique qui le reprenait par les épaules, le retournait et le jetait au sol !

Cependant Alan n’avait pas l’intention de se laisser frapper sans résistance. Ils luttèrent au sol un moment, coups de pied, coups de poing, gifles, griffures, même morsures. Alan songea que son mignon se battait comme une fille, et Dieu savait qu’il aimait les femmes !

Finalement les coups de Leroy se firent plus faibles (Alan étant mort ne fatiguait pas, du moins physiquement) et son adversaire allongé sur le dos se laissa chevaucher. Le jeune homme chercha à l’étrangler et il résista.

Les larmes du jeune Anglais s’écrasaient sur ses joues.

« Pourquoi vous abaisser sottement à vomir votre bile au lieu de chercher le bonheur dans d’autres bras ? » demanda-t-il enfin dans un murmure doux et d’un ton blessé.

Sa main droite délaissa le poignet de Leroy pour essuyer la joue gauche de ce dernier d’un air affligé.

Les miens, par exemple, ajouta-t-il en lui-même avec un sourire intérieur.

Déstabilisé par ce ton et ce geste, le blond se figea tout en redoublant de larmes.

« Tout ce que je désire m’échappe, pourquoi garderais-je espoir ? Je n’ai point de plaisir à souffrir, » bafouilla-t-il, perdu.

Son étreinte sur la gorge d’Alan se desserra et il essuya ses joues en se relevant tout en tremblant.

Le spectre se releva à son tour, s’approcha de Leroy et remonta son menton de l’index plié pour plonger son regard vert, dur et aiguisé comme un émeraude taillé, dans celui brumeux et flou de l’Anglais.

L’intensité du regard d’Alan parvint à captiver celui de Leroy qui se figea sans plus pleurer ni renifler. Il ne trembla plus et ne hoqueta plus. L’attraction des yeux verts lui était familière. Un regard et une voix qu’il lui semblait entendre et voir parfois dans ses rêves éveillés. Il lui sembla connaître cet inconnu plus beau qu’une femme et plus fier qu’un dieu.

« Qui êtes-vous pour faire le vulgaire comédien dans ma demeure ? comprit Leroy. Il recula pour échapper à ce contact lorsqu’il sentit son cœur battre plus que de raison.

Alan les mains sur les hanches moulées dans le collant de soie blanche le gratifia d’un de ses sourires malicieux. Il tourna le menton pour offrir son demi-profil à l’Anglais, tout vêtu de noir.

— Alan, pour vous servir. Alan Gorlois de Montfort, mentit-il avec l’assurance que seule la noblesse confère. J’ai entendu parler de vous par une amie, Wilsley, je dois dire que depuis quelques jours je suis plutôt déçu. On m’avait décrit un jeune homme très séduisant et aimable, alors qu’à mon arrivée, je n’en trouve qu’un qui effraye les demoiselles de la ville ! J’ai donc mené ma petite enquête.

— Comment avez-vous osé ! s’offusqua Leroy en levant la main pour le gifler. Ce dernier lui saisit le poignet en plantant une fois encore son merveilleux regard dans le sien.

— J’ose car tel est mon privilège, Wilsley ! Vous n’êtes qu’un étranger doublé d’un bourgeois désargenté. Si vous voulez vous morfondre et vous enfoncer dans la médiocrité, retournez auprès de votre roi qui saura sans doute mieux vous secouer ! »

L’Anglais tenta de dégager son poignet, mais Alan avait plus de force, et ils se fixèrent ainsi dans le blanc des yeux un moment, en chiens de faïence. Le blond sentait son cœur battre plus fort une nouvelle fois, ne pouvant détacher son regard de celui du Français.

Lorsqu’il s’en rendit compte, il devint pâle et, mortifié, se figea. Était-il vraiment à ce point désespéré qu’il fût prêt à aimer un homme supérieur à lui de statut, et français en plus ?

Quant à Alan, il étira ses lèvres douces d’un sourire de séducteur en devinant la nature du trouble chez son colocataire mortel. Son cœur à lui bondissait de joie à savoir Wilsley si proche de lui tomber dans les bras ! Personne ne lui avait jamais résisté, ni femmes ni hommes n’en avaient jamais eu la force de volonté ! Il savait quelle corde du cœur pincer, il savait quels mots choisir, avec quel ton caresser l’esprit et quelle douceur extasier la chair. Il était le plus beau de tous, le plus fourbe et le plus sournois. Un véritable Serpent du Jardin d’Eden.

Il était la tentation et le péché même.

Paradoxalement, le fantôme se trouvait aussi être le plus franc à l’endroit de ses victimes et à travers des siècles où rien, dans le fond, ne changeait.

« Vous aller m’héberger, l’Anglais, autant de temps qu’il me plaira. Montrez-moi que vous êtes un homme et non un de ces bourgeois bouffis et idiots que j’aimerais voir jonchant les rues de Rennes ! » déclara-t-il d’un ton ne souffrant d’aucune réplique ni rébellion.

Leroy grinça des dents en acquiesçant, ainsi convaincu facilement qu’il n’avait pas le choix.

Alors Alan libéra le maître d’hôtel de la cave dans un claquement de loquet et de porte.

Malheureusement le mal qui rongeait Leroy était beaucoup plus profond et avancé que ce qu’avait prévu Alan. Son ami ne faisait que jouer double jeu et double je en continuant de sombrer, malgré ses efforts et l’attirance qu’il attisait chez l’Anglais.

Lorsqu’ils sortaient ensemble, qu’ils dînaient ensemble, Leroy se montrait aussi vif et attentionné qu’antan. Néanmoins, il ignorait qu’Alan le surveillait bien au-delà des moyens humainement possibles.

La démence fleurissait dans l’esprit du jeune homme. Il combattait chaque jour l’attirance qu’il éprouvait pour l’excentrique noble français au caractère affirmé qu’il enviait. Il se devait de prendre une femme issue d’une famille fortunée pour contenter sa famille et ne pouvait ni ne devait s’offrir le luxe d’aimer un homme ! Être le mignon bourgeois d’un noble ? À défaut de s’y refuser par une fierté perdue depuis longtemps, son devoir y jetait l’opprobre. Sa famille ne le tolérerait pas et elle était son seul ambitieux et cruel repère.

Les yeux d’Alan le rendaient fou de désir et de jalousie. Ces iris émeraude lui rappelaient « les yeux de rêve » pour lesquels sa fiancée s’était pendue ! Il ne serait pas comme cette garce qui l’avait trahi et traité comme un chien dans le secret de son petit cahier de chevet. S’il ne pouvait connaître l’amour, alors soit, il épouserait par intérêt aurait des enfants qu’il négligerait à son tour pour le bien du prestige… mais il ne laisserait pas d’autres avoir ce qu’il n’aurait pas !

Le soir aux dîners, il droguait cette sangsue prétentieuse de Montfort en glissant une poudre de somnifère dans son vin et quittait son manoir pour parcourir les rues. Il fréquentait les soirées mondaines ou les tavernes de qualité et se faisait rapidement l’ami d’un couple d’amoureux. Quand venait le moment de se séparer, il les laissait partir… mais pour mieux les suivre.

Après cela, dans les ténèbres oppressantes d’une ruelle à l’écart, il les traquait et les poussait à l’intérieur d’un cul-de-sac. Alors il les tuait céans avec un plaisir plus puissant et enivrant encore que cet imbécile amour pour sa garce de fiancée.

Alan redoublait d’efforts de jour en jour pour chasser la folie chez Leroy. Il le séduisait toujours plus car c’était là tout ce qu’il savait faire… Sans savoir que le désir qu’il attisait était la bûche du mal dévorant l’Anglais.

Une nuit, il parvint à gonfler le cœur et le corps de l’endormi par la chaleur d’une appétence et d’un ravissement interdits et fantômes. Glissé telle une brume sous les draps de son ami anglais, ses caresses spectrales se mêlèrent aux songes coupables berçant l’esprit de Leroy. Le spectre maléfique était charmeur et encourageait sa proie par ses attouchements suggestifs à se faire plaisir. Alan arracha de lui qu’il gémisse son nom en enfouissant voluptueusement sa joue moite contre l’oreiller de soie.

L’esprit médiéval pensait ainsi faire avouer à Leroy son amour pour lui, mais ils confondaient tous les deux amour et désir. Si proches et pourtant différents. Amour et Désir vont ensemble souvent, mais Désir peut marcher sans faire paire avec Amour.

Les jours suivant cette nuit fantasmagorique, la détresse morale de l’Anglais s’intensifia brutalement. Oui, il désirait Alan, oui, il croyait l’aimer. Oui, il bataillait chaque seconde contre cet élan que devoir et morale lui interdisaient. Oui, il rêvait de lui, oui, il le voulait contre sa peau et oui, il en était rendu fou !

La sournoiserie de ses stratagèmes s’affina à une vitesse vertigineuse pour devenir rapidement un familier de ses proies et les acculer dans une impasse sordide. La violence de ses meurtres aussi devenait plus féroce, plus maculée. Les rues de Rennes n’étaient plus sûres, les gens avaient peur, les amoureux ne se côtoyaient plus le soir venu.

Jusqu’à la nuit où la cruauté de son meurtre franchit un nouveau seuil.

Masqué, tout de noir, l’épée ensanglantée à la main Leroy inspirait et expirait sereinement, comme s’il venait simplement de tuer et trancher les têtes et percer les yeux de deux mouches. Il essuya sa lame d’un pan de sa cape avant de la remettre au fourreau et de se retourner.

Nez à nez avec son envahissant ami.

Alan affichait un air déçu et affligé. Toujours tout de blanc vêtu. Ses cheveux noir corbeau aux délicates boucles caressaient un visage de chérubin en porcelaine orné de deux iris vertes brillantes comme des pierres magiques.

Le cœur de Leroy s’arrêta à cette idée contemplative, et lorsqu’il parvint à s’en arracher, la haine et la détresse qu’il venait de satisfaire redoublèrent d’intensité ! Il dégaina à nouveau son épée et chargea, trop rapide et vif, et Alan trop surpris… L’épée fine lui traversa le corps de part en part au niveau du ventre !

Le noble bascula et tomba abruptement sur le dos, entraînant avec lui son assassin gloussant de rire avec des larmes aux yeux. Leroy glissa son bras sous la tête de son ami pour la poser sur ses genoux.

« Wilsley… que vous a-t-il pris de m’assassiner ? souffla Alan. Il n’avait aucun besoin de mimer l’état de choc dans lequel il se trouvait et lui faisait écarquiller les yeux d’incrédulité.

— Vous me rendez fou de vous ! gloussa Leroy d’une voix brisée, je suis fou de vous, j’en ai assez, disparaissez de ma vie… »

Il ricana, gloussa, pouffa, le corps secoué de tremblements nerveux avec sur les lèvres un sourire carnassier et dans le regard une fièvre glauque.

Alan pâlit un peu plus, les yeux rivés sur la folie de sa proie s’avouant enfin mais dans la douleur l’amour qu’il ressentait. Alors, en colère, fâché après lui-même et avec l’envie d’étrangler ce qui habitait son ami, Alan mourut dans un juron éructé.

Leroy prit la fuite sans attendre, et ne vit pas le corps du mort s’évaporer en une brume glacée.

Publié le: 30 avril 2010 | Commentaires: 0