Archives de mots clés: légende

Les Fées de Brocéliande

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d'un long sommeil.

Pardonnez ma diction trainante, je me réveille d’un long sommeil.

Bien le bonjour, voyageur… S’il est encore utile de me présenter, je me nomme Merlin

La petite Narratrice en échange d’un pot de miel m’a demandé de veiller sur ce tiroir imaginaire… Il est dédié aux univers qu’elle a créés… Plus particulièrement celui de Brocéliande et de sa louve gardienne. Comment aurais-je pu refuser ? C’était moi, où laisser Mordred y jouer un mauvais tour à ma place…

Enfin, nous allons commencer par le commencement, voulez-vous ?

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter Brocéliande, la forêt mythique sur laquelle je veille et… dirait-on, où je végète… Brocéliande en Bretagne continentale, cette belle Armorique, est le Berceau des Belles Dames, les fées et où les chevaliers d’Arthur ont été mis à l’épreuve.

Mais je ne vais pas m’égarer au sujet des garçons… Je vais vous entretenir de leurs initiatrices, les Demoiselles, en cette saison pluvieuse… Sachez que malgré leurs différends, il est en réalité délicat de, justement, les différencier. Avec elles, gardez à l’esprit qu’il vous faut vous méfier des apparences… Il y a du bon et du mauvais en toutes choses.

Celles de la cour des rêves et de la lumière, la « Cour Seelie », comme elle se fait appeler, a élu domicile en Brocéliande. Leur clan semble accueillant, mais il ne faut pas les croire inoffensives. Les Seelies sont comme ce dicton : « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ».
A l’inverse, les fées des cauchemars et des ténèbres, les « Unseelies », préfèrent les grandes villes, car c’est là-bas qu’elles prolifèrent le mieux. Par nature, elles ont une dent contre l’Homme pour les avoir oubliées, voire avilies. Qui peut reprocher l’amertume d’une reine transformée en Clochette ? Ou… Si je dois vous présenter cela de façon plus… moderne… Ah ! A moins que ce ne soit classique… Qui peut reprocher le désir de vengeance d’une femme traitée en putain ?

C’est ainsi qu’aveuglées par la rancune, les Unseelies conspirent afin de conquérir Brocéliande et réduire à néant leurs rivales qui protègent l’Humanité honnie. Ah… Je me souviens encore du jour où les deux Cours se sont brouillées au point d’oublier leur devoir de créer l’Harmonie… Mais je vous parle d’un temps que les moins d’un millénaire au moins ne peuvent pas connaître…

Moi ? Oh… Oui, j’ai rejoint les rangs des Seelies avant de me laisser piéger dans un sommeil enchanté, épuisé et découragé…

Mes maigres espoirs reposent sur la dernière descendante du chevalier-loup Bisclavret… Peut-être réussira-t-elle en cette époque « asphalte », selon le bon mot d’un jeune disciple, là où son aïeule à échoué… Pourvu qu’elle ne me réveille pas… Ma présence ici est secrète, voyez-vous.

Ah… Je vous en ai suffisamment révélé pour aujourd’hui… A bientôt, petits curieux… Mon Tombeau m’attend… J’ai tellement sommeil…

Publié le: 5 mars 2016 | Commentaires: 0

Tordons le cou à quelques idées reçues à propos du MA 1 – Le droit de cuissage

Sire Adémar pour vous servir !

Sire Adémar pour vous servir !

Bien le bonjour, gentes dames et gentils seigneurs. Je me nomme Adémar et suis l’humble sire chevalier qui garde cette boîte médiévale à la demande de dame Narratrice. Je vous souhaite donc la bienvenue à ce premier cours magistral de votre serviteur sur cette période riche et contrastée, mais à la très mauvaise réputation, qu’est le Moyen-Âge !

Tout d’abord, je tiens à partager avec vous cette boîte à images animées issue de la chaîne Nota Bene en guise de préambule.

Voici. Quoi qu’il en soit, nous allons nous arrêter sur la tranche qui nous intéresse. Car mille ans d’Histoire pour cette période, vous pensez bien que je ne sais pas tout, et encore moins ma dame pour qui je dois rassembler les notes. Je vais donc me concentrer sur une partie, la période du Moyen Âge dite « Classique » qui s’étend de la fin du XIe à celle du XIIIe siècle afin de venir en aide à mon amie.
Cette période commence donc, pour vous donner une idée, avec Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, qui s’assoit sur le trône d’Angleterre en 1066. Elle se termine avec la mort de Saint Louis lors de la 8e Croisade en 1270. Selon, évidemment, les dates retenues arbitrairement.

Pourquoi « arbitrairement » ? Parce que contrairement à ce que l’on imagine avec la frise de l’école, il n’y a pas de contraste tranché entre les périodes. Surtout lorsque l’on décide a posteriori du découpage et des susdites. En réalité, l’Histoire est un dégradé infini.

Bien, désormais, intéressons-nous au titre de ce premier pamphlet : une idée reçue passée dans la culture populaire et qui concerne le Moyen-Âge. Il s’agit du fameux, de l’inénarrable et du toujours coriace…

LE DROIT DE CUISSAGE.

 

Il s’agit du préféré de ma dame Narratrice – dans le sens où c’est celui qu’elle déteste le plus – et avec lequel elle m’a demandé d’inaugurer ce tiroir.

Le droit de cuissage, qu’est-ce que c’est ?

C’est dans le film Braveheart, un film connu pour être à prendre historiquement avec des pincettes géantes. Si, dans le film, William Wallace joué par Mel Gibson devient un rebelle écossais recherché par l’occupant anglais, c’est pour avoir occis un noble seigneur – anglais – parce que celui-ci avait désiré jouir de son droit de cuissage sur la personne de la nouvelle épousée de l’Écossais. (C’est aussi dans le jeu vidéo Dragon Age : Origins, mais puisqu’il s’agit d’un univers fictif dans un Moyen Âge fantasy, il a droit à quelques… fantaisies.)

Le droit de cuissage n’est ni plus ni moins que le viol d’une jeune mariée par le seigneur de son mari.

Et c’est surtout une invention pure et simple des Lumières pour illustrer leur argumentaire sur la barbarie de la société féodale.

Et la piété filiale, vous en faites quoi ?

Mais ça n’a jamais existé, en tout cas pas dans le royaume français féodal. (Pas le viol de jeunes mariées, hein, mais ce droit imaginaire, imaginé et censé le légitimer.)

En réalité, les Lumières ont inventé ce « Droit de cuissage » à partir de plusieurs autres droits ou devoirs féodaux qui n’ont rien à voir, ou n’ont rien d’abusif. Le seigneur a besoin de main-d’œuvre pour cultiver ses terres. Ce serait anti-productif de les inciter à aller voir ailleurs. S’il y a eu des cas particuliers, ce n’était pas la majorité qui préférait prospérer. Ou alors elle capture les serfs et les terres du voisin, c’est plus sensé.

Le droit qui a pu être ainsi mal interprété est le droit dit de « Formariage » qui concerne les serfs. Les serfs sont des paysans qui appartiennent à la terre et, par extension, au seigneur de celle-ci. Ce droit prévoit que lorsqu’un serf veut se marier en dehors de la seigneurie dont il dépend, il doit payer une taxe à son seigneur en compensation.
C’est tout. Une histoire de sous et de main-d’œuvre.
Ce qui a aussi pu inspirer le droit de cuissage aux Têtes d’Ampoules est une tradition qui voit le sacré glisser dans le profane où, toujours concernant un serf, le seigneur peut, à l’image d’un prêtre, officier le mariage. Lorsque les nouveaux mariés vont pour s’unir, le seigneur, pour parrainer leur mariage et le soutenir, touche ou passe une jambe sur le lit conjugal afin de le bénir.

Il n’a jamais été question de faire quoi que ce soit avec la nouvelle épousée du serf ! Le viol était d’ailleurs considéré pénalement comme un crime gravement puni ! Prenez l’exemple du Lai de Lanval, de Marie de France, poétesse anglo-normande du XIIe siècle. Où le chevalier Lanval est – faussement – accusé de viol par la reine Guenièvre. Le sire aurait été mis à mort si la dame fée de ses pensées ne serait pas apparue pour le sauver. Mais, je reviendrai une prochaine fois sur le système juridique féodal, plus complexe, procédurier, codifié et moins hasardeux que l’on veuille bien le croire, surtout en Normandie. (Et non, l’on n’accuse pas quelqu’un sans un minimum de preuves. Tout bonnement parce que le mensonge est très, très, très mal vu.)

Pour en revenir à la coutume de la bénédiction du lit par le seigneur, ça peut paraître étrange comme cela, mais dans un prochain feuillet, je reviendrai sur la conception du mariage durant le Moyen Âge classique. Le prêtre n’a eu que tardivement son rôle indispensable.

La religion ayant une très importante place dans la vie du peuple, ce geste du seigneur est ainsi un geste bénéfique et bienveillant. Le couple peut se dire qu’il aura la chance de concevoir sa descendance sans démons ni esprits malins pour semer la pagaille entre leurs draps. Vous pourrez demander à Merlin ce qu’il en pense.

Voilà qui est dit. Désormais, lorsque lors d’une lecture ou d’un spectacle, l’on vous sert du « Droit de cuissage » vous pourrez imiter ma dame Narratrice : lever les yeux au ciel et grommeler. Ou, encore mieux, informer les gens autour de vous que l’on les prend pour des truffes.

Le prochain billet tordra le cou à une autre idée reçue également très coriace que ma dame Narratrice a encore lue l’année dernière dans un livre éducatif pour enfants : en cuisine, les épices étaient là pour masquer le goût faisandé des viandes !

Oui, la prochaine fois, gentes dames et gentils seigneurs, nous parlerons boustifaille ! Là encore, le Moyen-Âge nous montrera qu’il était bien plus raffiné et gourmet que la vision donnée par le film des Visiteurs ! (De la part d’un film français, en plus…)

Et pour conclure, je ne peux que vous conseiller mille fois la lecture de ce site internet : Histoire & Images médiévales. Excellente revue qui a malheureusement cessé de paraître avant de connaître une seconde vie grâce à la magie d’Internet.

http://www.him-mag.com/

Et souvenez-vous : le droit de cuissage n’est bon qu’en salade !

Gentes dames et gentils seigneurs, moi, Adémar, je vous salue !

Publié le: 25 février 2016 | Commentaires: 0

Une nouvelle chronique pour l’anthologie Dames de lune, fées des brumes

C’est une chronique fort agréable qui a été relayée sur Facebook il y a quelques jours. Je vous en donne un extrait. Elle provient du blog de Midnight Angel. Merci beaucoup ! =) La Toile de Liadan a frôlé le coup de cœur ! ^o^

Une épopée d’un chevalier parti avec comme quête de tuer l’être qui terrorise la région et va trouver une dulcinée en retour. Une aventure en pays Irlandais, inspiré des légendes de ce pays qui en regorge: merci de m’avoir permise d’en découvrir plus sur cette culture! Cette dame « Liadan de Glencar » est un personnage trouble mais qui, entouré de noirceur, possède une âme sensible et des ressentis. Une métaphore en quelque sorte regroupant les femmes en général, et la morale de cette histoire nous le prouve bien. Bref, une histoire sous forme de légende mais fortement inspirée de la réalité, une lecture qui a frôlé le coup de coeur mais qui n’en reste pas moins captivante.

Publié le: 3 juin 2013 | Commentaires: 0

Le site fait peau neuve…

…parce que je commençais à en avoir marre de l’ancienne version, alors il a eu droit à un petit relooking.

Quand le pouvoir du vampire fait son show...

Du coup, installation de thème « Weaver 2 » qui fait plein de choses en plus. Et nouvelle bannière tirée de la couverture de Vampires d’une nuit de Printemps (merci Rozenn ^^) Ainsi qu’un fond potable bricolé de mes petites mimines ^^ (le plus dur fut de trouver un éditeur graphique pratique malgré la résolution d’écran de mon netbook, gratuit, et assez complet. Vive Paint.net.)

Et tout ça, histoire de dire que Vampires d’une nuit de Printemps est officiellement disponible depuis le 8 mai chez votre libraire ou votre boutique en ligne préférée ! (Amazon, Decitre, Cultura ect ect ^^) et, bien sûr, la boutique en ligne des Éditions du Petit Caveau ! 😉

Allez, moi, sur ce, je retourne torturer quelques-uns de mes personnages… Biz ! 😀

Publié le: 17 mai 2012 | Commentaires: 0

Nouveautés du blog

Bonjour ^^

Un petit message pour indiquer quelques nouveautés sur le blog.

D’abord, un peu de ménage avec des catégories qui, je l’espère, sont plus lisibles.
Ensuite, les premiers chapitres de la Louve de Brocéliande ont été mis à jour. Vous m’en direz des nouvelles, si cela s’améliore ou pas. =)

Enfin, vous trouverez les trois premiers chapitres de la romance historique/fantastique de la Fille du Sorbier :

Publié le: 30 août 2011 | Commentaires: 0